Architecture, Immobilier

Il n’est pas nécessaire de présenter l’architecture… ; et pourtant, il est important de rappeler qu’elle nécessite une double approche, indissociable : scientifique et déductive d’une part (aspects fonctionnels, techniques et budgétaires), créative et intuitive d’autre part (capacité à créer de l’émotion, du sens, de la beauté, de la nouveauté, du bien-être psychique). C’est là tout « l’Art de bâtir ».

C’est aussi une discipline fondamentale au niveau sociétal puisque façonnant, le plus souvent pour des générations, le cadre de vie bâti ; elle sera donc également le véhicule de toutes les volontés de changement ou, inversement, de résistances au changement de la société.

Elle est difficile à pratiquer car elle repose largement sur des critères subjectifs : les façons de vivre, niveaux de culture et sensibilités de chacun sont, par essence, très différents ainsi que l’exprime le bon sens populaire : « des goûts et des couleurs… ». Elle sera donc le plus souvent le résultat d’un arbitrage complexe entre les attentes du Maître d’ouvrage, la façon de les ressentir et d’accepter de les traduire par le Maître d’œuvre et la façon dont la Puissance publique délivrant les permis jugera le projet, en matière de conformité (respect des aspects obligatoires) et d’opportunité (« bon aménagement des lieux ») ; ce dernier point est délicat et souvent sujet à controverses puisqu’il est, lui aussi, fonction de la subjectivité – de l’agent public traitant en l’occurrence.

L’Art de bâtir repose donc sur une part objective (critères techniques ou de programme bien définis, respect de règlements) et une part subjective ; cette dernière doit inclure non seulement la préoccupation par rapport aux attentes du donneur d’ordre, mais aussi par rapport à celle de tous ceux appelés à voir, a priori pour une longue période, la construction depuis l’espace public.

En ce sens la notion d’intégration au contexte nous semble particulièrement importante ; mais c’est le résultat qui compte, pas le moyen. Posons-nous la question : une explosion détruit entièrement une maison d’un ensemble patrimonial -la Grand-Place de Bruxelles, par exemple ; pour reconstruire, que choisir ? a) une reconstruction à l’identique pour oublier qu’il y a eu démolition et continuer à percevoir l’ensemble tel qu’initialement b) une reconstruction contemporaine très différente pour bien montrer qu’il y a eu démolition, prendre acte de l’Histoire et (re)construire selon son époque, comme cela se pratique depuis des siècles c) une architecture contemporaine, qui prend acte de l’Histoire et qui est identifiable mais dont l’ambition est d’être de qualité intrinsèque tout en se fondant dans l’ensemble par l’utilisation de plusieurs référents (gabarits, pleins/vides et/ou matériaux et/ou rythmes etc.).

En réalité chaque cas est un cas d’espèce et chaque solution peut amener le pire ou le meilleur selon la traduction, adéquate ou inadéquate, du principe retenu. Notre compétence imaginative et technique et nos références (constructions et rénovations de habitations, bureaux ou équipements ; montage et/ou études de faisabilité d’opérations immobilières) témoignent de cet état d’esprit et des efforts à la fois d’humilité et d’ambitieuse créativité qu’il implique.